Les 39èmes journées de la SIP auront lieu à La Baule du 7 au 9 octobre 2021 sur le thème suivant :

MÉDECINE DU CORPS / MÉDECINE DE L’ESPRIT

Présentation du congrès :

La psychiatrie s’est longtemps définie comme une discipline à part entière, une quintessence de la médecine. De celle-ci, elle incluait l’éthique, le culte du jugement clinique et la méthode scientifique. Elle connaissait le social de son contexte, et la psychologie de son terrain. Aujourd’hui définie comme une spécialité médicale parmi les autres, elle n’en reste pas moins une médecine spéciale : celle de la pensée, du psychisme, de l’esprit, de l’âme, du cerveau selon le modèle de l’humain adopté.

S’il n’y a pas ‘‘un organe’’ de la folie, l’objet de la psychiatrie reste pourtant incarné. Impossible de concevoir les états mentaux sans ancrage physique. De l’espace de proto- symbolisation du nourrisson, au schéma corporel des psychomotriciens et neurologues, jusqu’à l’image du corps composant narcissique, de quel corps s’agit-il ? Le développement précoce, émotionnel et pulsionnel invite à prendre en compte le tissage entre le somatique et le psychique. Quelle place pour le corps ‘‘fonction’’ au sein d’un ‘‘organisme’’ dont la subjectivité est la caractéristique essentielle ?

La psychiatrie s’intéresse aujourd’hui autant à la manière dont les troubles psychiques affectent le corps qu’à la façon dont le psychisme peut être contraint par les maladies physiques. Elle est concernée par le corps désinvesti du mélancolique ou singulièrement investi chez l’hypocondriaque ou le douloureux chronique, les phénomènes de conversion, les maladies psychosomatiques, les pathologies comportementales, les marquages du corps. Elle considère et aborde les souffrances du corps malade qui métamorphosent le quotidien.

La psychiatrie tire parti des recherches en neurosciences, tissant avec la clinique, un dialogue propre aux ‘‘sciences de l’esprit’’.

Elle dispose de terrains d’exercice nouveaux et d’évaluations spécifiques, et se préoccupe des âges extrêmes de la vie où le langage du corps est souvent premier.

Elle sait manier sur un mode intégratif des thérapies diversifiées incluant les approches à médiation corporelle Si elle bénéficie des avancées des thérapies médicamenteuses, elle doit procéder à une évaluation personnalisée de leurs effets secondaires et une surveillance médicale précise qui engage la responsabilité des soignants. Elle interroge les outils virtuels, dont la télémédecine : comment viendront-il infléchir le rapport au corps et la relation thérapeutique ?

Deux siècles après Cabanis écrivant en 1802 ses ‘‘Rapports du physique et du moral chez l’homme’’, les enjeux de cette solidarité entre corps et esprit seront tous débattus au congrès de la Baule !

Tarif d’inscription : GRATUIT pour les internes adhérant à la SIP (10 euros par an seulement)